AFRIQUEMEDIUM.COM-La succession du Secrétaire général des Nations Unies en 2026 ne se jouera pas sur des protocoles ou des considérations de quota continental. Elle se jouera sur une lecture juste du monde et sur la capacité à identifier le leader capable de transformer une institution en crise.

La candidature de Macky Sall répond à une nécessité historique qui dépasse largement les calculs politiques traditionnels. Depuis le départ de Kofi Annan, il y a plus de deux décennies, le centre de gravité des crises mondiales s’est profondément déplacé vers l’Afrique.

Le Sahel, la Corne de l’Afrique, les zones de fragilité climatique et démographique concentrent désormais les enjeux critiques qui définissent la stabilité internationale. Pourtant, l’ONU continue d’agir sur les urgences du XXIe siècle avec les réflexes du XXe.

Elle a besoin d’un leader qui connaît le poids du pouvoir d’État, qui a gouverné dans l’incertitude et qui comprend que la légitimité ne se décrète pas, elle se conquiert jour après jour. Ce leader ne peut pas être un expert technique, aussi respectable soit-il.

Il doit être un homme qui a senti le poids des décisions réelles. Les autres candidatures illustrent précisément cette limite. Rafael Mariano Grossi, bien que respectable dans son domaine, a géré le dossier nucléaire de manière controversée, particulièrement concernant l’Iran.

Un Secrétaire général perçu comme aligné sur un bloc géopolitique spécifique perd d’emblée sa crédibilité de tiers de confiance. L’ONU, dans un monde fracturé, ne peut pas se permettre un leader qui apparaît comme le représentant d’une puissance plutôt que comme le médiateur de tous.

De plus, une spécialisation étroite, même dans un domaine critique, ne prépare pas à la gestion des crises multidimensionnelles qui secouent notre époque. Rebeca Grynspan et María Fernanda Espinosa Garcés, malgré leur expérience onusienne, manquent de l’envergure exécutive suprême.

La gestion d’agences spécialisées comme la CNUCED ou la présidence honorifique de l’Assemblée générale ne sauraient remplacer l’expérience du pouvoir souverain. Leurs parcours, marqués par des débats internes et un impact limité sur les grandes crises mondiales, ne garantissent pas la stature nécessaire pour s’imposer face aux chefs d’État des grandes puissances.

Gérer une bureaucratie internationale n’équivaut pas à gouverner un État, à négocier avec des puissances rivales, à prendre des décisions dont les conséquences affectent des millions de citoyens. Macky Sall possède précisément ce qui manque à tous les autres candidats : l’expérience du pouvoir souverain.

Il a gouverné le Sénégal dans la tourmente, présidé l’Union africaine lors de crises majeures qui ont testé sa capacité de médiation et de leadership. Il a négocié la suspension de la dette pendant la pandémie, démontrant sa capacité à dialoguer avec les institutions financières internationales.

Il a porté le plaidoyer africain sur le climat sans attendre la permission des capitales traditionnelles, affirmant l’agentivité du continent sur les enjeux globaux. Il connaît le prix des compromis et la valeur des principes, cette tension permanente qui définit le leadership authentique.

Ses défis au Sénégal – la gestion de la dette publique, les complexités de fin de mandat – ne sont pas des faiblesses mais des atouts. Un Secrétaire général ne doit pas arriver avec un curriculum vitae immaculé et une expérience purement administrative.

Il doit avoir senti le poids des décisions réelles, avoir dû trancher dans l’incertitude, avoir appris que la légitimité se conquiert, ne se décrète pas. Macky Sall arrive avec la mémoire des crises africaines et la conviction profonde qu’elles sont le miroir des défis globaux.

Cette expérience du réel, cette compréhension viscérale de ce que signifie gouverner, est précisément ce dont l’ONU a besoin. Dans un monde où Washington, Pékin, Moscou et Bruxelles ne se parlent plus, où les logiques de blocs menacent de fragmenter le multilatéralisme, l’ONU a besoin d’un médiateur crédible.

La neutralité est une illusion ; la crédibilité, elle, est une réalité construite jour après jour par la cohérence et l’intégrité. Le Sénégal sous la direction de Macky Sall a cultivé un non-alignement pragmatique : dialoguer avec tous, ne se soumettre à aucun.

Cette posture, loin d’être une faiblesse, est une force stratégique majeure. C’est cette posture qui permettra de restaurer la parole onusienne, d’écouter le Sud sans braquer le Nord, de transformer le Conseil de sécurité en lieu de solutions plutôt qu’en théâtre de vetos paralysants.

Contrairement à ses concurrents qui risquent de polariser l’institution ou de la maintenir dans une gestion purement administrative, Macky Sall offre une troisième voie. Il propose un leadership fort, ancré dans les réalités du Sud global, mais capable de dialoguer d’égal à égal avec les puissances du Nord.

Il n’arrive pas comme un technocrate qui administrerait une institution, mais comme un homme d’État qui transformerait une institution en crise en instrument de paix et de stabilité. Les défis des quinze prochaines années – la jeunesse mondiale, la justice climatique, les réformes financières, la prévention des conflits – se joueront en Afrique ou à travers elle.

Ce n’est pas une affirmation idéologique, c’est une réalité géopolitique. Choisir Macky Sall, ce n’est donc pas faire un geste de quota continental ou une concession à la représentation régionale.

C’est reconnaître cette réalité géopolitique et placer à la tête de l’ONU un leader qui la comprend intimement et qui peut y agir efficacement. L’histoire ne récompense pas les prudents qui cherchent à maintenir l’ordre établi.

Elle consacre ceux qui osent regarder la réalité en face et qui ont le courage de transformer les institutions en fonction des enjeux de leur époque. En 2026, le monde aura l’opportunité de choisir un leadership qui corresponde au monde tel qu’il est, non tel qu’on voudrait qu’il soit.

Macky Sall est l’homme de la situation, non par défaut ou par élimination des autres candidats, mais par nécessité historique. Il incarne la rupture salutaire, cette capacité à réconcilier le Sud et le Nord, à restaurer la crédibilité de l’ONU auprès de ceux qui ont perdu confiance en elle.

Le monde attend un leader qui comprend que la paix se construit sur le terrain, pas dans les bureaux. Un leader qui a gouverné dans l’incertitude et qui sait que la légitimité d’une institution se mesure à sa capacité à servir tous les peuples, pas seulement les plus puissants.

Un leader qui peut naviguer entre les puissances sans se soumettre à aucune, qui peut défendre les principes universels face aux intérêts géopolitiques, qui peut parler le langage des réalités plutôt que celui des protocoles. Macky Sall est ce leader.

Il est le candidat que le monde attend.

JOURNAL DE L’AFRIQUE ATLANTIQUE