AFRIQUEMEDIUM.COM-Le président du Soudan du Sud Salva Kiir a dissous mardi le gouvernement de transition et nommé une administration intérimaire en vue des premières élections de l’histoire du pays, prévues le 22 décembre dans un contexte très incertain.
La plus jeune nation du monde a obtenu son indépendance en 2011, mais a rapidement sombré dans une guerre civile de cinq ans et reste l’un des pays les plus pauvres et les plus corrompus au monde.
Tous les vice-présidents, ministres et administrateurs locaux ont été relevés de leurs fonctions, tandis que les assemblées nationale et des Etats ont été dissoutes, selon un décret présidentiel diffusé par la télévision nationale mardi soir.
Selon le décret, les forces constituées et le pouvoir judiciaire resteront pleinement opérationnels.
« Le président en exercice demeure en fonction en tant que président de la République du Soudan du Sud pendant la période électorale, jusqu’à ce que le prochain président élu entre en fonctions », ajoute le decret.
Les élections sont prévues le 22 décembre, après avoir été reportées à deux reprises, mais le gouvernement n’a pratiquement pas mis en œuvre les conditions préalables fixées dans l’accord de paix de 2018.
Aucun électeur n’a été inscrit, les armées rivales n’ont pas été unifiées et la Constitution tant attendue ne s’est jamais matérialisée.
Amnesty International a qualifié cette décision de « pas décisif » pour le Soudan du Sud vers une « élection historique », tout en exhortant les autorités à « veiller à ce qu’un environnement favorable existe pour que les personnes puissent voter et se présenter aux élections ».
« La légitimité de toute élection dépend non seulement du fait qu’elle ait lieu, mais aussi de la possibilité pour les personnes d’exercer leurs droits librement, en toute sécurité et sur un pied d’égalité », a souligné Amnesty dans un communiqué.
La dissolution du gouvernement intervient au lendemain de la promulgation par le chef de l’Etat – et candidat probable à la présidentielle – d’une loi électorale lui permettant de rester à la tête du Soudan du Sud jusqu’au scrutin et l’autorisant à relever ses vice-présidents de leurs fonctions.

