AFRIQUEMEDIUM.COM- L’ancien président sénégalais Macky Sall a fait face ce aux représentants des 193 États membres de l’Organisation des Nations Unies pour un dialogue interactif après avoir décliné sa vison et présenté sa profession de foi. Durant trois heures, il a défendu sa candidature au poste de Secrétaire général, en vue de succéder à António Guterres le 1er janvier 2027.
L’ancien dirigeant de l’union Africaine réaffirme sa vision, fondée sur trois piliers – la paix et la sécurité, les droits de l’homme et le développement –, et son approche intégrée de la sécurité et de la prospérité, soulignant que sans développement, il ne saurait y avoir de stabilité durable. Il a également insisté sur l’importance d’apporter un soutien aux processus diplomatiques en cours, notamment concernant les tensions entre les États-Unis et l’Iran.
Macky Sall justifie sa candidature par les multiples défis que le monde continue de faire face à savoir l’intensification des rivalités géopolitiques, les conflits violents, les vulnérabilités climatiques, la fragilité économique et sociale croissante et les migrations.
Dans sa profession de foi, l’ex président en exercice de la Cedeao soutient que: «Ce que je souhaite apporter à l’Organisation, c’est une expérience de près de quarante ans de responsabilités publiques, du bas de l’échelle au sommet de l’État, comme fonctionnaire junior, Directeur national, maire, ministre, Premier Ministre, Président de l’Assemblée nationale et Chef de l’État pendant douze ans. Ce que je souhaite apporter à l’Organisation, c’est une tradition d’échanges de plusieurs années avec la plupart des dirigeants ici représentés, en Afrique, au G7, au G20 et dans d’autres cadres bilatéraux et multilatéraux. De ce parcours, j’ai appris à dialoguer, écouter, et consulter. J’ai appris à conduire des réformes, arbitrer entre des priorités et prendre des décisions parfois difficiles. Je crois, en toute humilité, qu’en ces temps difficiles pour l’Organisation, l’épreuve du pouvoir m’a préparé à comprendre les attentes des États membres et à agir pour y répondre efficacement.» a-t-il indiqué.
Abordant les questions diplomatiques, les droits humains et les opérations de maintien de la paix, le candidat à la succession de Guterres a pris de fermes engagements : « Si j’ai l’honneur de servir comme Secrétaire général, ma première priorité sera de contribuer à restaurer la confiance, apaiser les tensions, réduire les fractures et redonner espoir dans notre action collective. Comme le veut la Charte des Nations Unies, je serai un Secrétaire général impartial, qui parle à tous, et qui écoute tous. Je serai un Secrétaire général qui rassemble ; un Secrétaire général bâtisseur de ponts entre les nations, entre les cultures et les civilisations, entre l’Est et l’Ouest, entre le Nord et le Sud. Je lancerai sans délai une diplomatie préventive plus active dans l’alerte précoce, la médiation et la coopération entre les Nations Unies et les organisations régionales. J’engagerai avec les États membres une réflexion approfondie sur l’efficacité des opérations de maintien de la paix. Je travaillerai également à maintenir les droits humains au cœur de l’agenda des Nations Unies. Les droits humains sont universels. Ils sont inséparables les uns des autres. Ils sont civils et politiques. Ils sont aussi économiques, sociaux et culturels. La Charte de l’Organisation nous engage à les protéger sur la base des principes fondamentaux qui consacrent la primauté du droit et le besoin de justice».
Poursuivant l’ex président du sénégalais promet une gestion transparente une optimisation et une rationalisation des ressources de l’Onu: « à quatre ans de l’évaluation finale de l’Agenda 2030, je veillerai à la mise en œuvre des Objectifs de Développement Durable et aux perspectives de l’agenda après 2030.En ce 22 avril, la Journée de la Terre nous rappelle l’urgence des menaces environnementales qui pèsent qui pèsent sur notre planète. Le poids de la dette est devenu insoutenable pour de nombreux pays. Les inégalités se creusent, frappant d’abord les plus vulnérables, notamment les jeunes et les femmes. Certes, la coopération pour le développement garde toute son utilité. Mais mon expérience à la tête d’un pays en développement m’a appris que les financements publics restent insuffisants et difficiles à mobiliser, notamment pour les infrastructures de développement. Or, sans les investissements structurants, il ne peut y avoir de transformation économique et de création massive d’emplois. C’est pourquoi je propose que le financement du développement soit davantage porté par le partenariat, l’investissement et le commerce appuyés par un meilleur accès au crédit, afin de soutenir une croissance et une prospérité partagées. Le Forum sur le financement du développement, qui réunit chaque année à New York les Nations Unies, les institutions de Bretton Woods, l’OMC, la CNUCED et le secteur privé pourrait en être le catalyseur, avec l’appui de l’OCDE et des pays partenaires. En créant les conditions d’une vie meilleure pour tous, nous réduirons en même temps les sources de migrations irrégulières. S’agissant de l’Organisation, je suis convaincu qu’elle peut et doit changer. Si je suis élu, je continuerai les efforts de réforme par une gestion transparente et rigoureuse. Trois impératifs guideront mon action : rationaliser, simplifier, optimiser. Je veillerai à une meilleure coordination entre agences, fonds et programmes, pour éviter les duplications et rendre l’action de l’Organisation mieux adaptée aux réalités du terrain. Chaque dépense effectuée doit répondre aux efforts et aux attentes des Etats membres.»
Par la même occasion, le candidat africain souligne qu’il reste préoccupé par la reforme du conseil de sécurité: « Faire évoluer les Nations Unies, c’est aussi réformer le Conseil de sécurité sur une base consensuelle, qui renforce la légitimité, l’autorité et l’efficacité de son action. J’accompagnerai les États membres dans le processus en cours. Je donnerai le meilleur de moi-même pour une Organisation réconciliée avec ses principes, une Organisation revitalisée et à la hauteur des défis de notre temps.»
En conclusion, l’ancien dirigeant de l’union Africaine s’engage devant les états membres à travailler pour un monde meilleur:« À la croisée des chemins entre un monde de nations divisées et un monde uni par les Nations Unies. La confiance se construit par la constance, l’équité et les résultats. Je souhaite diriger une Organisation des Nations Unies qui utilise ses ressources avec sagesse et fait entendre sa voix avec responsabilité. Une Organisation des Nations Unies qui produise des résultats que les gouvernements puissent défendre devant leurs citoyens. Le moment est venu de prendre des décisions audacieuses avec tous les États membres. Le moment est venu de faire mieux avec moins. Le moment est venu de réaliser tout le potentiel des Nations Unies. C’est ainsi que les Nations Unies resteront pertinentes. C’est ainsi qu’elles regagneront la confiance. Le choix nous appartient. Unis, nous sommes plus forts. Si je suis élu, je travaillerai avec tous les États membres pour renouveler notre objectif commun dans l’esprit de la Charte. Et ensemble, nous bâtirons un monde meilleur pour tous.»
Patrick Noah

