AFRIQUEMEDIUM.COM-Macky Sall potentiel successeur de Antonio Guterres a projeté ce mercredi sa vision devant le monde entier, en répondant aux questions des 193 États membres lors d’un grand oral ou il a séduit l’assistance et les millions de personnes qui le suivaient via des plateformes digitales.  
Dans son exposé, l’ex président du sénégalais promet une gestion transparente des ressources de l’Onu: « à quatre ans de l’évaluation finale de l’Agenda 2030, je veillerai à la mise en œuvre des Objectifs de Développement Durable et aux perspectives de l’agenda après 2030.En ce 22 avril, la Journée de la Terre nous rappelle l’urgence des menaces environnementales qui pèsent qui pèsent sur notre planète. Le poids de la dette est devenu insoutenable pour de nombreux pays. Les inégalités se creusent, frappant d’abord les plus vulnérables, notamment les jeunes et les femmes. Certes, la coopération pour le développement garde toute son utilité. Mais mon expérience à la tête d’un pays en développement m’a appris que les financements publics restent insuffisants et difficiles à mobiliser, notamment pour les infrastructures de développement. Or, sans les investissements structurants, il ne peut y avoir de transformation économique et de création massive d’emplois. C’est pourquoi je propose que le financement du développement soit davantage porté par le partenariat, l’investissement et le commerce appuyés par un meilleur accès au crédit, afin de soutenir une croissance et une prospérité partagées.» a t-il souligné
Macky Sall estime que « Le Forum sur le financement du développement, qui réunit chaque année à New York les Nations Unies, les institutions de Bretton Woods, l’OMC, la CNUCED et le secteur privé pourrait en être le catalyseur, avec l’appui de l’OCDE et des pays partenaires. En créant les conditions d’une vie meilleure pour tous, nous réduirons en même temps les sources de migrations irrégulières. S’agissant de l’Organisation, je suis convaincu qu’elle peut et doit changer. Si je suis élu, je continuerai les efforts de réforme par une gestion transparente et rigoureuse.»
Dans le même sillage, le candidat africain fixe le cap et soutient que: « Trois impératifs guideront mon action : rationaliser, simplifier, optimiser. Je veillerai à une meilleure coordination entre agences, fonds et programmes, pour éviter les duplications et rendre l’action de l’Organisation mieux adaptée aux réalités du terrain. Chaque dépense effectuée doit répondre aux efforts et aux attentes des Etats membres.»
L’ancien président de l’union Africaine précise qu’il reste préoccupé par la reforme du conseil de sécurité: « Faire évoluer les Nations Unies, c’est aussi réformer le Conseil de sécurité sur une base consensuelle, qui renforce la légitimité, l’autorité et l’efficacité de son action. J’accompagnerai les États membres dans le processus en cours. Je donnerai le meilleur de moi-même pour une Organisation réconciliée avec ses principes, une Organisation revitalisée et à la hauteur des défis de notre temps.»
Macky Sall, 64 ans, est le seul candidat africain. Président du Sénégal de 2012 à 2024, il a ensuite occupé le poste d’envoyé spécial du Pacte de Paris pour les Peuples et la Planète. Il a présidé l’Union africaine entre 2022 et 2023, et dirigé la CEDEAO entre 2015 et 2016. Son document de référence, intitulé Refonder le multilatéralisme pour un monde meilleur, articule sa vision autour de trois axes : une approche intégrée des enjeux de paix, sécurité et développement ; une relance du multilatéralisme fragilisé par les crises successives ; et une réforme de la gouvernance interne de l’ONU. C’est un homme de terrain, ayant géré des crises réelles dans l’une des régions les plus instables du monde.
Patrick Noah